La performance d'Hydro-Québec en matière de pannes d'électricité suscite de vives inquiétudes et se classe parmi les moins enviables en Amérique du Nord, selon les rapports du Vérificateur général.
Pour pallier le manque d'historique et de transparence de la plateforme officielle Info-Pannes, Évelyne Brie, professeure adjointe en sciences politiques à l'Université de Montréal, a lancé le projet de carte interactive « Où sont les pannes ? ». En collectant les données toutes les 15 minutes, la chercheuse souhaite offrir aux citoyens une vision granulaire au kilomètre carré de la récurrence et de la durée des pannes à travers la province.
«Ça m'a pris à peu près deux semaines pour que l'ensemble du Québec soit couvert de rouge [...] juste en utilisant les représentations des pannes, on était capable de faire le tracé complet de la province.»
Contre toute attente, les premiers constats de l'étude menée depuis le début de l'année démontrent que les pannes ne sont pas l'apanage des milieux ruraux.
Ce sont plutôt les grands centres urbains (Montréal, Québec et Gatineau) qui s'avèrent les plus lourdement touchés, cumulant le plus grand nombre d'adresses affectées et des délais de rétablissement anormalement longs.
L'Outaouais figure parmi les pires secteurs de la province : la ville de Gatineau enregistre des zones cumulant jusqu'à 31 heures de noirceur depuis janvier, tandis que certains secteurs du Pontiac, comme L'Isle-aux-Allumettes, affichent un sommet de 44 heures de pannes.
Écoutez l'entrevue avec Évelyne Brie, professeure adjointe en sciences politiques à l'Université de Montréal, au micro de Karl Bélanger.