L'Alliance des centres de femmes du Québec salue le dépôt du projet de loi n 4, communément appelé la loi Gabie Renaud.
Cette mesure vise à permettre aux citoyennes de demander l'accès aux antécédents judiciaires et policiers de leur partenaire intime en cas de doute.
Tout en reconnaissant la pertinence de l'initiative, la coordonnatrice de l’R des centres de femmes du Québec, Stéphanie Vallée, prévient qu'elle ne constitue pas une solution miracle contre les féminicides et qu'elle comporte des limites. Mme Vallée souligne notamment le risque de créer un « faux sentiment de sécurité », puisque bon nombre d'hommes violents n'ont aucun dossier répertorié par la police.
«Les hommes avec des comportements violents ne sont pas tous fichés à la police, donc c'est aussi une fausse sécurité dans laquelle on met les femmes.»
De plus, elle s'inquiète du fait que les victimes qui choisissent de rester avec leur conjoint malgré des antécédents négatifs soient injustement responsabilisées ou culpabilisées.
Pour éliminer durablement la violence faite aux femmes, l'organisme réclame des investissements majeurs dans les centres communautaires, des solutions concrètes face à la crise du logement qui emprisonne des victimes avec leurs agresseurs, ainsi qu'une campagne de sensibilisation sociétale et de prévention de longue haleine.
«On avait revendiqué en 2000, lors de la première Marche mondiale des femmes, une grande campagne de sensibilisation sur dix ans, à la manière de la ceinture de sécurité ou de l'alcool au volant.»
Écoutez l'entrevue avec Stéphanie Vallée, coordonnatrice de L'Alliance des centres de femmes du Québec, au micro de Karl Bélanger.