Alors que les urgences de Hull et de Gatineau débordent, une réforme silencieuse de Québec pourrait aggraver la situation. Anne Plourde, chercheuse à l'IRIS, met en garde contre le passage au « financement à l'activité ». Plutôt que de recevoir un budget global, nos hôpitaux seront désormais payés à la pièce pour chaque acte médical.
Selon l'étude de l'IRIS, cette méthode entraîne une lourdeur bureaucratique majeure, coûtant 150 millions de dollars annuellement en personnel administratif au détriment des soins directs. En Outaouais, où la pénurie de personnel est le véritable enjeu (notamment avec les postes vacants en imagerie), ce modèle risque de lourdement pénaliser nos établissements. Si un département effectue moins d'interventions faute de techniciens ou d'infirmières, son financement sera coupé l'année suivante.
Mme Plourde craint que cette tarification de chaque soin n'ouvre la porte à la privatisation, tout en fragilisant les régions déjà en déficit de main-d'œuvre.
Écoutez l'entrevue avec Anne Plourde de l'IRIS sur les dangers du financement à l'activité pour les hôpitaux de l'Outaouais.