À l'aube de la rentrée scolaire, le fléau de la violence inquiète toujours dans les écoles de l'Outaouais.
Même si les récentes campagnes de sensibilisation semblent porter leurs fruits, les nombreux cas d'incivilités continuent de pousser des enseignants à carrément quitter la profession.
« Souvent, les profs ont honte d'en parler. Ils pensent que c'est de leur faute si l'élève se désorganise. Cela crée un isolement : on ne parle plus aux autres, on reste dans sa classe parce qu'on est pris avec son problème. Au final, cela plonge les enseignants dans une détresse psychologique, ce qui mène à des arrêts de travail et, ultimement, à l'abandon de la profession. »
En conférence de presse, la directrice générale du Centre de services scolaires des Draveurs, Manon Dufour, a reconnu qu'il reste du travail faire…
Pour renverser la vapeur, des formations spécifiques seront offertes aux employés afin de les outiller face à ces comportements.
« Il suffit d'aller à l'épicerie pour voir comment certaines personnes se comportent parfois avec la caissière. On est dans cette ère-là. On est aussi dans une époque où, derrière un clavier, c'est plus facile. Cela a été suffisamment préoccupant pour nous l'an dernier pour qu'on décide de lancer une campagne contre l'incivilité, parce qu'on l'observait au sein de la société. Et l'école en est le reflet. Ce que l'on veut, c'est être des exemples pour nos élèves, mais on souhaite aussi de la formation. En tant que direction générale, chacun de nous le rappelle à nos employés : on ne tolère pas ces comportements. »
Toutefois, les écoles de l'Outaouais n'ont pas à s'inquiéter d'un manque de main-d'œuvre cette année.
« Nous ne sommes pas dans un contexte de crise, mais dans un contexte de vigilance et de travail acharné. Je l'ai dit tout à l'heure : si on attire cinq personnes, mais qu'après une année on en perd quatre, en réalité, on n'a pas fait grand-chose. L'idée est vraiment de travailler autant sur la rétention que sur l'attraction. Grâce au travail des dernières années, que ce soit pour le personnel professionnel, de soutien, les enseignants ou le personnel de direction, nous sommes sur la bonne voie. Il y aura quelqu'un dans chacune de nos écoles, dans chacune de nos classes. »