Une demande d'action collective vise sept grands groupes hôteliers au Québec, incluant Hilton, Fairmont et Four Seasons. Le litige repose sur l'utilisation présumée d'un algorithme commun pour fixer les tarifs des chambres. Selon la poursuite, ce système permettrait aux chaînes d'échanger des informations confidentielles, comme leur taux d'occupation, afin de maintenir des prix artificiellement élevés, même en période creuse.
Pierre Larouche, professeur en droit de l'Université de Montréal et spécialiste de la concurrence, explique que l'usage de logiciels pour surveiller le marché est légal, tant que chaque entreprise agit de façon indépendante. Le problème survient lorsqu'il y a partage d'informations stratégiques menant à une coordination des prix, éliminant ainsi la concurrence réelle.
Le recours allègue que cette pratique aurait contribué à une hausse de 45 % du prix des chambres au Canada en dix ans, soit le double de l'inflation. Prouver l'existence d'une entente tacite pour suivre les recommandations de l'algorithme sera toutefois le défi majeur de cette affaire judiciaire.
Ce qui est un problème ici, c'est que les entreprises partagent leurs informations [...] c'est à dire le nombre de chambres qu'il leur reste à louer.