L'usine de Maniwaki, à l'arrêt quasi complet depuis la fin de l'année 2024, se trouve à la croisée des chemins.
Lors d'un récent forum forestier, Domtar a confirmé qu'il n'y avait aucun plan de réouverture permanente à court ou moyen terme. L'entreprise se dit désormais ouverte à toutes les options, y compris la vente de l'usine à un repreneur local.
Selon Guillaume Julien, le modèle industriel classique n'est plus viable dans le contexte actuel, marqué par des prix du bois historiquement bas depuis trois ans et des tarifs douaniers punitifs de 45 % pour l'exportation vers les États-Unis.
«On est dans un cycle baissier de trois années et demi... on ne peut pas supporter les coûts d'opération. Donc, c'est pour ça qu'on dit que le modèle actuel ne fonctionne pas.»
La particularité de l'Outaouais, avec sa forêt mixte (mélange de feuillus et de résineux), complexifie les opérations et augmente les coûts d'approvisionnement par rapport à d'autres régions comme le Lac-Saint-Jean. Domtar espère qu'un modèle d'affaires différent, peut-être plus ancré localement et adapté à cette réalité forestière, pourra émerger pour sauver les installations.
Par ailleurs, la situation semble plus stable à l'usine de papier journal de Gatineau, qui profite d'une certaine remontée des prix suite à la fermeture de concurrents ailleurs dans le secteur.
Écoutez l'entrevue avec Guillaume Julien, directeur principal des affaires publiques chez Domtar.