La violence envers le personnel de soutien scolaire est en hausse dans les écoles de la région.
C'est ce que révèlent les données récoltées auprès de 258 membres du Syndicat du personnel de soutien scolaire au Cœur-Des-Vallées.
62 % des répondants disent avoir été victimes de violence physique directes, soit 25 % de plus que lorsqu'un sondage similaire avait été mené en 2022.
Le constat est encore plus frappant en ce qui concerne la violence psychologique : la moitié des personnes sondées présentent un niveau élevé de détresse psychologique.
La charge de travail est élevée sur à peu près tous les membre de personnel de soutien actuellement, si bien que près du tier des répondants (27%) songent à quitter leur emploi.
Par ailleurs, 66% des employés sondées disent qu'ils se sont présentés au travail malgré des problèmes de santé.
De quoi rendre les jeunes plus réticents à l'idée d'entamer des études dans ce domaine.
« C'est certain qu'ils seront plus réticents, ça ne peut pas faire autrement, parce que même nos employés actuels quittent. Une technicienne en éducation spécialisée, son travail, c'est de prévenir et de travailler l'enfant en profondeur. Actuellement, ils ne font qu'arrêter des crises. Ce n'est pas ça notre travail. C'est sûr que ceux qui sortent de l'école, s'ils ont le choix d'aller ailleurs, c'est ce qu'ils vont faire. C'est malheureux, mais je les comprends. Pourtant, c'est un des plus beaux métiers au monde travailler avec des enfants. C'est notre relève de demain. »
Annie Charland ajoute que la violence envers l'environnement de travail est un fléau tout aussi inquiétant, puisque les employés ne peuvent plus intervenir directement auprès de l'élève.
« Si je n'avais pas de lunettes aujourd'hui, il me manquerait un œil, parce qu'un crayon a déjà fendu mes lunettes. Avant, on sortait un enfant quand il était désorganisé. Aujourd'hui, on ne peut plus le sortir. C'est la classe qui devient toute désorganisée parce qu'on sort les élèves et on laisse celui qui est désorganisé dans la classe. Puis, envers les gens, ils ont des bleus partout, ils ont des morsures, ils ont des grafignes. Au lieu de régler le problème à la source, on va lui mettre un objet. Si tu te fais grafigner, mets des manches longues. Si tu te fais cracher, mets une visière. Ça, c'est ce qu'on appelle un pansement. On ne règle rien avec ça. »
Écoutez les explications du journaliste Philippe Villeneuve au micro de l'animateur Karl Bélanger.
Source: Cogeco Média