Les promoteurs locaux digèrent mal que leur offre pour le rachat du célèbre Château Montebello ait été rejetée.
Un consortium régional qui incluait notamment le propriétaire des Sénateurs d’Ottawa, Michael Andlauer, et le PDG de Devcore, Jean-Pierre Poulin, souhaitait portant injecter jusqu'à 150 M$ dans la revitalisation du château.
Le séquestre PricewaterhouseCoopers a plutôt décidé de légué l'avenir du fleuron touristique québécois à des intérêts étrangers, menés par un géant hôtelier basé aux États-Unis et à Dubaï.
Jean-Pierre Poulin, PDG de Devcore, n'a obtenu aucune explication depuis que la décision a été rendue, mais il croyait que son groupe en avait fait assez.
« On avait de grandes ambitions. On avait réuni une équipe de All-Stars avec Michael Andlauer qui était avec le groupe, puis on a fait tout ce qu'on pouvait. On a été vraiment au plus haut qu'on pensait pour pouvoir gagner, mais le sort en a décidé autrement. C'est triste, mais je peux vous dire que c'est un de mes hôtels favoris. Je vais continuer à y aller une ou deux fois par mois, comme je fais depuis plusieurs années, et ça, ça ne changera pas pour moi. »
Jean-Pierre Poulin reproche au gouvernement Fréchette, et surtout au ministre de la Culture et député de Papineau, Mathieu Lacombe, d'être resté passif dans ce dossier crucial pour le patrimoine régional.
En point de presse, lundi matin, le PDG de Devcore affirmait que Mathieu Lacombe avait « manqué le bateau ».
Il aurait souhaité que le ministre en fasse plus pour les aider à garder le contrôle mythique Château Montebello entre mains québécoises.
« On aurait pu avoir plus de soutien au niveau politique, surtout que c'est dans la cour arrière du ministre de la Culture. On pense qu'il aurait pu en faire plus. C’est un peu comme sous le gouvernement Bouchard, quand Vidéotron était sur le point d'être vendu à un groupe de l'extérieur du Québec. Le premier ministre avait dit : "Ce n'est pas vrai que ça va arriver." Ils ont sauvé Vidéotron, c'est resté dans les mains des Québécois, et ça a fait une énorme différence. La même chose aurait pu se passer ici ; le gouvernement aurait pu s'en mêler un peu. Je pense que ça aurait fait une différence. »
Mathieu Lacombe s'est défendu ainsi...
« Le groupe m'a demandé de lui offrir mon soutien, ce que j'ai fait. Ils m'ont demandé une rencontre. Mon directeur de bureau les a rencontrés trois jours plus tard. On leur a fourni une lettre d'appui 24 heures plus tard. Par la suite, ils n'ont pas fait d'autres demandes. Je comprends que ça ne s'est pas terminé de la façon qu'ils auraient souhaitée. Je vous avoue que c'était aussi mon souhait que ça reste entre des mains québécoises. L'idée aujourd'hui, ce n’est pas de tomber dans les attaques personnelles. En tous cas, ce n'est pas ce que je ferai. »