La halte du parc Sanscartier, dans le Vieux-Gatineau, ferme ses portes aujourd'hui même, dans un contexte d'incompréhension et d'inquiétudes.
Cette fermeture est causée par l’absence de financement de la part du CISSSO, pour payer les intervenants nécessaires au fonctionnement de la halte.
La Ville de Gatineau a investi des millions de dollars sur le site Guertin à Hull, sans être capable de financer cette ressource dans le vieux Gatineau, là où les besoins sont aussi criants.
Désormais privés de ce refuge, des dizaines d'usagers devront se tourner vers des alternatives peu enviables pour passer la nuit.
«Je vais avoir 77 ans dans quelques mois et je vais devoir coucher dans mon auto. Ça n'a pas d'allure !»
«Par respect et dignité pour la vie humaine, tous les usagers ici ont le droit de respirer le même air que tout le monde. De boire de l'eau propre. De se laver, merde».
Selon Annie Castonguay, coordonnatrice en service à l'itinérance chez Réhabex, habite elle aussi dans le Vieux-Gatineau.
Elle croit que cette fermeture ne peut que nuire à la tolérance des résidents du quartier envers les personnes en situation d'itinérance.
«L'an dernier, pendant l'été, mes voisins venaient dans ma cour pour me dire «je suis tanné, je suis écœuré, ils réveillent mes enfants la nuit». Je les comprends. Ils me réveillent aussi. Mon voisin, qui est super agréable, n'en peut plus de se faire réveiller par des crises la nuit».
Par ailleurs, Réhabex confirme avoir entamé des démarches auprès du CISSS de l'Outaouais afin d'obtenir un financement d'urgence pigé des tiroirs de la Fondation Santé Outaouais.
La réponse obtenue n'était pas celle qu'espérait le directeur général de l'organisme, Patrick Pilon.
«À l'heure où on se parle, il n'y a aucune volonté pour la direction [du CISSSO] de faire une demande à la Fondation pour financer les activités d'une halte en période estivale [...] On a un constat très clair aujourd'hui que la halte est nécessaire. Ce n'est pas Réhabex qui le dit, c'est la communauté. Maintenant les solutions leur appartiennent. On peut bien vouloir, mais la décision revient au CISSSO».