Le retour forcé des fonctionnaires fédéraux dans les bureaux d’Ottawa et de Gatineau cache-t-il une stratégie plus sombre? Selon Jean-Nicolas Reyt, expert en comportement organisationnel, l'imposition de quatre jours de présence par semaine pourrait être un outil de « compressions d'effectifs sans vagues ». En durcissant les conditions de travail, l’employeur incite les travailleurs à démissionner, évitant ainsi de payer des indemnités de départ.
L’expert souligne une faille majeure de gestion: l'incapacité des gestionnaires à mesurer la productivité réelle. Plutôt que de juger les résultats, on se rassure par la présence physique. Ce décalage crée une frustration profonde chez les employés de la région, qui voient des gains concrets (temps de transport, équilibre familial, santé mentale) sacrifiés pour des arguments de « culture d’entreprise » jugés flous et opaques.
Loin d'améliorer la performance, cette approche unilatérale favoriserait la « fauxductivité »: des employés qui simulent le travail ou cachent leur efficacité par peur d'être surchargés. Pour Reyt, tant que le gouvernement ne justifiera pas ce retour par des faits mesurables, la méfiance continuera de miner la fonction publique.
Le retour au bureau est une façon de faire partir les gens sans avoir à leur payer d’indemnités. C'est dégraisser sans coût.