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Grand Prix des États-Unis

La prise du sommeil

La prise du sommeil

C’était prometteur, avouez: les deux meneurs au championnat partaient côte à côte en première ligne, devant des gradins remplis à pleine capacité, sur un circuit considéré par plusieurs (dont l’auteur de ces lignes) comme un des plus intéressants de la Formule 1. Tous les bons ingrédients étaient là.

Le départ et les premiers tours ont été enlevants; et puis... plus rien. La course a cédé sa place à la gestion des pneus et aux calculs des ingénieurs. La F1 dans tout ce qu’elle a de plus ennuyant, sauf pour quelques cartésiens amateurs de stratégies. Si au moins Lance Stroll nous avait divertis un peu; au contraire, le pilote montréalais a été aux abonnés absents tout le week-end, éliminé d’entrée de jeu en qualifications et invisible durant la course. 

La course, si on peut l’appeler ainsi, se résume à ceci: Hamilton a pris un meilleur départ que Verstappen et il a mené les 12 premiers tours. Red Bull a joué d’audace en faisant entrer Mad Max très tôt, après seulement une dizaine de tours, optant pour la stratégie de l’«undercut». Quatre tours plus tard, c’était au tour de Hamilton de passer par les puits et Verstappen s’est retrouvé en tête. La messe était dite.

Les plus optimistes ont cru que nous aurions une fin de course endiablée, avec un Lewis Hamilton fondant sur Max Verstappen grâce à ses pneus plus frais. Ce fut presque le cas: le Britannique aux sept couronnes est revenu à une seconde et demie, puis une seconde, de son jeune rival (et aspirant au trône) néerlandais. La présence opportune d’un retardataire (Mick Schumacher) aurait pu favoriser le chasseur (Hamilton); c’est plutôt la proie (Verstappen) qui en a tiré profit, en utilisant son DRS pour dépasser fiston Schumacher et rester devant son rival. «Close but no cigars», comme on dit aux States.

Pas de surprise, pas d’exploit

Sinon, il n’y a pas grand-chose d’autre à dire de ce Grand Prix. Troisième, Sergio Pérez s’est retrouvé bien seul, à plus de 40 secondes des meneurs et 10 secondes devant son plus proche poursuivant, Charles Leclerc, encore une fois brillant. (Personnellement, je l’aurais choisi «Pilote du jour», même s’il faut bien reconnaître que Max Verstappen a disputé un sans-faute.)

Pour le reste, pas de surprise dans le Top 10: les deux pilotes McLaren, Ricciardo et Norris, terminent respectivement 5e et 8e, Bottas (6e) et Sainz (7e) s’intercalant entre eux. Tsunoda (9e) a profité de l’abandon de Gasly pour se hisser dans les points, comme Vettel a profité d’une erreur de Raikkonen pour glaner le dernier point disponible. Rien de glorieux pour le quadruple champion du monde, qui a connu un autre week-end difficile. Sa résurrection chez Aston Martin aura été de courte durée.

Quant à nos deux Canadiens errants, ils n’ont rien trouvé de mieux à faire que s’accrocher au départ. Stroll n’a rien à se reprocher pour cet incident, mais une 16e place en qualifications ne mérite pas d’applaudissement. Il apparaît de plus en plus évident que la plus grande faiblesse d’Aston Martin est son duo de pilotes: un champion qui n’est que l’ombre de lui-même et un espoir qui n’en est plus un, se contentant trop souvent de faire le minimum. On ne le répétera jamais assez: ce n’est pas le talent qui pose problème, ici, mais plutôt l’éthique de travail. 

Pas d’excuse

Chez Aston Martin, on peut se dédouaner en disant qu’on prépare déjà la prochaine saison, avec sa nouvelle réglementation technique. Le problème, c’est que toutes les écuries peuvent brandir la même excuse! Comparons des pommes avec des pommes et regardons la remontée de Ferrari, qui a progressé toute la saison même si la préparation de la saison 2022 demeure la priorité absolue. Pendant ce temps, l’écurie canado-britannique s’enfonce. 

Je rappelle qu’à pareille date l’année dernière, cette même écurie luttait avec McLaren pour la troisième place au championnat des constructeurs. Cette année, elle végète en septième place, étant même devancée par Alpha Tauri, l’équipe B de Red Bull. Pour une équipe ayant, de surcroît, autant de moyens ($), c’est encore plus inacceptable. De toute évidence, une grosse partie du problème se trouve derrière le volant des deux voitures.

Encore une fois, comparons des pommes avec des pommes: si on remplace Lance Stroll par un autre pilote de cette génération, disons Leclerc, Norris ou Gasly, pensez-vous vraiment qu’Aston Martin serait septième? Moi non plus.

Le trip père-fils, c’est bien beau, mais Lawrence Stroll a quand même des comptes à rendre: Aston Martin a des actionnaires et s’il fallait que 2022 soit une copie de la présente saison, il y en a qui vont s’impatienter…

Les amateurs de sports
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