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Partie de la pinède d'Oka cédée à Kanesatake: «C'est le début de la fin»

Partie de la pinède d'Oka cédée à Kanesatake: «C'est le début de la fin»Photo: archives La Presse canadienne

Un promoteur immobilier affirme avoir signé un accord avec le Conseil mohawk de Kanesatake afin de restituer une parcelle de la pinède qui avait été au coeur de la « crise d'Oka » il y a 29 ans. Selon le maire d'Oka, «la municipalité d'Oka est appelée à disparaître d'ici 20 à 30 ans si rien n'est fait au gouvernement fédéral».

Dans un esprit de réconciliation, Grégoire Gollin prévoit céder 60 hectares de forêt au conseil local, dans le cadre du Programme des dons écologiques du gouvernement fédéral.

M. Gollin soutient que les discussions avec les représentants de Kanesatake étaient en cours depuis deux ans. Il espère maintenant que l'entente sera ratifiée rapidement et qu'elle servira d'inspiration aux propriétaires fonciers de tout le pays. 

De son côté, la municipalité d'Oka tiendra mercredi une « soirée d'informations sur les revendications territoriales », selon un message Facebook du conseil municipal.

Le maire Pascal Quevillon estime toutefois que cette entente de cession des terrains vacants et la « fédéralisation » de lots municipaux «sont plus qu'inquiétantes pour la pérennité » de la municipalité d'Oka et il demande « une médiation équitable».

«En posant ce geste, M. Gollin croit qu'il va régler les revendications, ce qui est totalement faux. La communauté okoise va subir les conséquences [néfastes] de son geste. Le village d'Oka et le secteur de la Pointe-aux-Anglais vont devenir enclavés par le territoire autochtone. Présentement, le Conseil mohawk ne contrôle pas se qui se passe sur son territoire. Même le grand chef l'a dit devant témoin...»

«La Ville d'Oka a un budget annuel de 7 millions $. Le gouvernement fédéral a déposé une offre de 128 millions $ à Kanesatake pour les revendications de la petite commune. Nous ne sommes pas de taille [à la Ville d'Oka]. Déjà, Oka est enclavée en raison de l'accord de M. Gollin. Kanesatake aura encore plusieurs millions $ afin d'acheter d'autres terrains à Oka. Quand les revendications de la petite commune seront terminées, il vont revendiquer la grande commune. [...] D'ci 20 à 30 ans, la municipalité d'Oka est appelée à disparaître... Nous ne pouvons pas laisser faire ça. Le gouvernement fédéral doit nous prendre en considération...»

«La crise d'Oka»

La « crise d'Oka » avait débuté le 11 juillet 1990, lorsque des policiers de la Sûreté du Québec ont donné l'assaut sur des manifestants de Kanesatake qui occupaient la pinède, une plantation de pins. Les militants voulaient empêcher la municipalité voisine d'Oka d'empiéter sur une partie du cimetière ancestral mohawk afin d'agrandir un terrain de golf. L'affrontement du petit matin avait coûté la vie au policier Marcel Lemay.

Après 78 jours de confrontation - et l'intervention de l'armée -, un accord avait finalement été conclu pour lever les barricades en échange de l'annulation de l'agrandissement du terrain de golf.

Près de trois décennies plus tard, ce territoire revendiqué par les Mohawks de Kanesatake fait toujours l'objet de litiges. Ellen Gabriel, une militante bien connue déjà à l'époque, estime que si le geste de M. Gollin est noble, il ne va pas nécessairement assez loin. Mme Gabriel souligne qu'à titre de « cadeau écologique », le transfert de propriété sera assorti de conditions. Par ailleurs, elle ajoute que le conseil local des Mohawks n'a toujours pas divulgué à la communauté les détails de cet accord. 

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