La situation de l'itinérance en Outaouais n'a fait presque aucun progrès depuis un an.
C'est le constat sévère du Collectif régional de la lutte à l'itinérance, qui décerne la note de C à la région dans son plus récent rapport.
« Il y a des choses qui avancent, mais on ne peut pas parler de progrès significatif parce qu'il y a tellement de monde qui continue d'arriver dans nos services. »
Plus de 400 adultes et 17 jeunes se sont ajoutés au portrait de l'itinérance visible en Outaouais; une hausse de 32% par rapport à l'an dernier.
Sans changements concrets, le coordonnateur du CRIO, Alexandre Gallant, redoute que de plus en plus de personnes vulnérables soient laissées à elles-mêmes.
« Il y a un angle mort dans tout ça. Cet angle mort, c'est toutes les personnes qu'on n'est pas capables de rejoindre. Puisque l'état du réseau est ce qu'il est, il y a beaucoup de gens qui ne peuvent pas accéder à nos services [...] Si on n'intervient pas et qu'il n'y a pas une réelle volonté politique d'agir, on pourrait se retrouver au même endroit l'an prochain avec une note en deçà d'un C. »
Pendant ce temps, le premier ministre désigné Paul St-Pierre Plamondon promet la tenue d'un sommet pour réduire l'itinérance de moitié au Québec.
Alexandre Gallant doute que ce soit la bonne solution.
« C'est sûr que c'est encourageant de voir qu'il y a un intérêt, bien que les dernières années nous aient rendus un peu sceptiques face aux belles paroles. Faire un autre sommet, je ne suis pas certain qu'on en ait besoin. On a fait les États généraux de l'itinérance en 2024. Les solutions, on les connaît. On n'a pas besoin de se rasseoir, de dépenser des millions de dollars en temps et en énergie, pour se dire les mêmes choses encore une fois. »